Original and Fake

Original and Fake 

The business around the myth 

The most valuable shirt in football history is dark blue, and it took Diego Armando Maradona who wore it, only a few minutes to imbue the fabric with memories. During the quarter-final match of the 1986 World Cup against England, the Argentine superstar first scores with the illegal, but legendary ‘Hand of God’. Shortly afterwards, he completes a spectacular solo run to make it a 2–0. Witnesses will never forget neither of the goals.

After the match, Maradona swaps his sweat-soaked shirt with his English opponent Steve Hodge. It is both a sign of mutual respect and, for Hodge, an investment. He keeps the shirt for decades, lends it to the National Football Museum in Manchester before having it auctioned at Sotheby’s in 2022. There, it is sold for the equivalent of €8.2 million (£7 million).

The shirt has everything collectors are looking for: the souvenir of a legendary moment and a clear, traceable origin. Shirts have long been swapped and kept. However, it is only in the last few decades that they have developed into a distinct collecting field with specialised dealers, online marketplaces, auction houses and global networks.

Since the 1990s, and even more so with the rise of online trading, worn players’ shirts are no longer regarded merely as souvenirs, but also as valuable merchandise. Originals can rarely be identified by a single feature alone. It is the sum of many details that matters: the cut, the fabric, the seams, the labels, the crests, the numbers and the patches.

Is the size right? Does the flocked number match the material used at the time? Are the collar, cuffs and stitching correct? Even the care label can become a piece of evidence: material details, country of origin, item numbers and washing symbols must match.

This thorough examination is necessary, as sometimes for some matches a suspiciously large number of shirts circulate. Mario Götze would have had to change his kit every few minutes during the 2014 World Cup final to explain the number of match-worn examples offered for sale since then.

Collecting is detective work, as only unambiguously identified shirts are likely to fetch truly high prices. Maradona’s fellow countryman Lionel Messi has showed what kind of prices can be attained. Six shirts worn by him during Argentina’s World Cup triumph in Qatar have been auctioned in 2023 for the equivalent of around €7.1 million (£6.1 million). The collection also includes a shirt from the final against France. Messi wore it during the first half – and it is precisely this seemingly irrelevant detail that highlights a peculiarity of the modern shirt trade.

Nowadays for professional players several sets of shirts are prepared for each match. Many change their kit at half-time, whilst others hand over additional shirts after the final whistle. Thus, several shirts can be match-worn, whilst prepared but unworn shirts are classified as match-prepared. Furthermore, so-called AAA replicas make it even harder to find the original. These high-quality imitations replicate the fabric texture, labels, crests and flock printing with astonishing accuracy. Their abbreviation does not refer to any official standard. Rather, it is a quality commitment made by the counterfeiters and a challenge for collectors. A self-designated connoisseur of the scene was recently quoted saying: ‘The more you delve into shirts and counterfeits, the clearer it becomes that you know absolutely nothing’.

Compared to international records, the market for German national team shirts is not pretentious. A German team shirt signed by the 2014 World Cup squad fetched €15,250 at a charity auction. It is a lot of money – but nowhere near the level of a Maradona or Messi shirt.

Original et contrefaçon 

Le business autour d’un mythe

Le maillot le plus précieux de l’histoire du football est bleu marine et il n’a fallu à Diego Armando Maradona, qui l’a porté, que quelques instants pour en faire un souvenir inoubliable.  

Pendant le quart de finale de la Coupe du monde de 1986 contre l’Angleterre, le héros argentin marque tout d’abord grâce à la légendaire « main de Dieu », pourtant interdite. Peu après il boucle un solo spectaculaire en signant le 2-0. Ces buts restent gravés dans la mémoire des spectateurs.  

À la fin du match, Maradona échange son maillot trempé avec son adversaire anglais Steve Hodge. C’est un signe de respect mutuel, mais aussi un investissement pour Hodge. Il conserve le maillot pendant des décennies, le met à disposition du National Football Museum à Manchester et finit par le vendre aux enchères chez Sotheby’s en 2022. Il est finalement cédé au nouveau propriétaire pour l’équivalent de 8,2 millions d’euros. Ce maillot associe tous les éléments qui intéressent les collectionneur·euse·s : le souvenir d’un moment mythique et une origine à retracer. 

Les échanges et les collections de maillots existent depuis bien longtemps. Cependant, il a fallu attendre les dernières décennies pour en faire un domaine à part avec des vendeur·euse·s spécialisé·e·s, des plateformes d’échange en ligne, des maisons de vente aux enchères et des réseaux internationaux. Depuis les années 1990 et encore davantage depuis l’émergence du commerce en ligne, les maillots portés par les athlètes ne sont plus seulement un souvenir mais aussi des pièces de grande valeur commerciale.  

Les maillots d’origine sont rarement identifiables grâce à un seul élément. C’est la multitude de petits détails qui fait la différence. La coupe, le tissu, les coutures, les étiquettes, le blason, les numéros, les écussons. Est-ce que la taille correspond ? Le numéro floqué sur le maillot correspond-il à l’usage de l’époque ? Est-ce que le col, les revers de manche et le tracé des coutures concordent ? Même l’étiquette d’entretien peut constituer une preuve : matières, pays d’origine, référence et précautions de lavage doivent correspondre. 

Le nombre de maillots en circulation pour certains matchs qui revêtent une importance particulière est assez suspect, rendant ce contrôle minutieux indispensable. Ainsi Mario Götze aurait dû se changer presque sans arrêt pendant la finale de la Coupe du monde 2014 pour justifier le nombre de pièces mises en vente. Collectionner ces maillots requiert un travail d’enquête, car seuls ceux clairement identifiés, peuvent atteindre des prix vraiment élevés.  

Lionel Messi, compatriote de Maradona en fait la démonstration. Six de ses maillots portés pendant le triomphe argentin durant le mondial au Qatar sont vendus aux enchères à hauteur de 7,1 millions d’euros en 2023. Parmi cette collection, un maillot de la finale contre la France, Messi l’a porté pendant la première mi-temps.  

Ce détail supposément insignifiant révèle les particularités du commerce de maillots moderne. Les joueur·euse·s professionnel·le·s ont désormais plusieurs maillots mis à leur disposition à chaque match. Beaucoup changent de tenue après la première mi-temps, d’autres se délestent des maillots après le coup de sifflet final. Ainsi plusieurs maillots peuvent avoir été portés au cours d’un match et certains préparés mais non portés. 

Enfin les répliques de maillot AAA rendent la quête de l‘original encore plus difficile. Ces pièces sont des copies de très bonne qualité, imitant étonnamment bien les propriétés du tissu, les étiquettes, les blasons et le flocage. L’acronyme AAA ne répond à aucun standard officiel, mais indique une promesse de qualité des faussaires et représente un défi pour les collectionneur·euse·s. 

Un connaisseur déclarait récemment « Plus on étudie le sujet des maillots et des contrefaçons, plus on se rend compte qu’on ne sait rien. » 

Au vu des prix records au niveau international, le marché des maillots de l’équipe nationale allemande semble discret. Lors d’une vente aux enchères caritative, un maillot de la Mannschaft, championne du monde en 2014, signé par l‘effectif atteint un prix de 15.250 euros. Une somme importante certes, mais bien loin du niveau d’un maillot de Maradona ou Messi. 

Original y falsificación: el negocio con el mito 

La camiseta más valiosa de la historia del fútbol es de color azul oscuro y a su propietario, Diego Armando Maradona, le bastan unos pocos minutos para hacerla un recuerdo incréible. En los cuartos de final del Mundial de 1986 contra Inglaterra, la superestrella argentina marca primero con la ilegal, pero legendaria «Mano de Dios». Poco después, llega a poner el 2-0 tras una jugada individual espectacular. Los testigos nunca olvidarán ambos goles. Tras el partido, Maradona intercambia su camiseta sudada con su rival inglés Steve Hodge. Es un gesto de respeto mutuo y, para Hodge, al mismo tiempo una inversión. Durante décadas conserva la camiseta, la cede en préstamo al Museo Nacional del Fútbol de Mánchester y, en 2022, la saca a subasta en Sotheby’s. El precio de adjudicación asciende al equivalente a 8,2 millones de euros. La camiseta reúne todo lo que buscan los coleccionistas: el recuerdo de un momento mítico y una procedencia clara y verificable. Las camisetas se intercambian y se guardan desde hace mucho tiempo. Sin embargo, no ha sido hasta las últimas décadas cuando se han convertido en un ámbito de coleccionismo propio, con comerciantes especializados, mercados online, casas de subastas y redes mundiales. Desde la década de los noventa, y aún más con el auge del comercio por Internet, las camisetas usadas por los jugadores ya no se consideran solo recuerdos, sino también una mercancía de gran valor. Los originales rara vez se pueden identificar por una sola característica. Lo decisivo es la suma de muchos detalles: el corte, el tejido, las costuras, las etiquetas, los escudos, los números y los parches. ¿Es la talla adecuada? ¿Coincide el número estampado con el material utilizado en aquella época? ¿Son correctos el cuello, los puños y el trazado de las costuras? Incluso la etiqueta de cuidado puede convertirse en una prueba: la información sobre el material, el país de producción, los números de artículo y los símbolos de lavado deben coincidir. 

Este control minucioso es necesario, ya que de partidos especiales a veces circulan un número sospechosamente elevado de camisetas. Mario Götze debería haberse cambiado de ropa cada pocos minutos en la final del Mundial de 2014 para explicar el número de ejemplares «usados en partido» que se han puesto a la venta desde entonces. Coleccionar es un trabajo de detective porque solo cuando las camisetas se identifican sin lugar a dudas es cuando su valor puede dispararse. Lo que es posible en cuanto a precio lo demuestra el compatriota de Maradona, Lionel Messi. Seis camisetas que él mismo llevó durante el  triunfo de Argentina en el Mundial de Catar se subastarán en 2023 por un importe equivalente a unos 7,1 millones de euros. La colección también incluye una camiseta de la final contra Francia. Messi la llevó en la primera parte, y precisamente este detalle, aparentemente irrelevante, pone de manifiesto una particularidad del comercio moderno de camisetas. 

Hoy en día, a los jugadores y jugadoras profesionales se les preparan varias camisetas por partido. Muchos se cambian la indumentaria en el descanso, otros entregan las camisetas restantes tras el pitido final. Así, varias pueden ser «matchworn» (usadas en el partido), mientras que los ejemplares preparados, pero no usados, se consideran «matchprepared». 

Además, las llamadas réplicas AAA complican la búsqueda del original. Se trata de imitaciones de alta calidad que reproducen con asombrosa precisión la textura del tejido, las etiquetas, los escudos y el flocado. La abreviatura no hace referencia a ninguna norma oficial. Se trata más bien de una promesa de calidad por parte de aquellos y aquellas que falsifican, y para aquellos y aquellas que coleccionan, de un reto. Un conocedor del ámbito fue citado recientemente con estas palabras: «Cuanto más te adentras en el mundo de las camisetas y de las falsificaciones, más claro tienes que no sabes nada». 

En comparación con los precios récord internacionales, el mercado de las camisetas de la selección alemana se muestra mesurado. Una camiseta de la «Mannschaft» firmada por la plantilla campeona del mundo de 2014 alcanzó los 15 250 euros en una subasta benéfica. Es mucho dinero, pero ni de lejos alcanza el nivel de una camiseta de Maradona o Messi. 

 

COMENTARIO ABAJO – OUF1 

Lionel Messi celebra su gol marcando el 1-0 en la final del Mundial de 2022. Seis de sus camisetas de este torneo se subastarán por 7,1 millones de euros. 

COMENTARIO ARRIBA – OUF2 

La camiseta de Diego Maradona de los cuartos de final del Mundial de 1986 alcanzó más de ocho millones de euros en una subasta y se considera la camiseta de fútbol más cara del mundo hasta la fecha. 

COMENTARIO ABAJO – OUF2 

Mario Götze tras su gol de la victoria en la final del Mundial de 2014. Su camiseta es una pieza única, de la que existen numerosas falsificaciones. 

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